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Visite d'une ancienne mine

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Nous voilà transformés en mineurs le temps de le dire: combinaison adaptée, casque, lumière frontale et batterie. Il ne nous manque que nos pioches et notre dynamite. En nous dirigeant vers le camion, je me rends soudain compte que nous ne pénétrerons pas les entrailles de l'Abitibi par le puits conventionnel. Vous savez, cet ascenseur grillagé qui descend à une vitesse fulgurante sans jamais atteindre le fond? Le début de l'enfer de Germinal! Ce sera pour une autre fois...

Qu'à cela ne tienne, l'énorme camion dans lequel nous nous trouvons emprunte une entrée qui descend en pente douce jusqu'au deuxième niveau de la mine, qui en compte vingt-six au total. On se situe tout de même à quelque 90 mètres sous terre. «Il y a très peu de différence de toute façon, explique notre guide Jean-Guy. C'est partout du roc, sauf que plus tu descends, plus la chaleur augmente.»Extérieur éblouissant d'un puits de mine vu de l'intérieur

Tandis que le camion poursuit sa descente, je scrute la plafond de la galerie en imaginant l'épaisseur de minerai qui nous sépare de l'air libre. L'humidité vient de grimper d'un bond. À l'intérieur de la mine, il fait grosso modo toujours quatre ou cinq degrés au-dessus du point de congélation. De temps à autre, on croise des galeries qui partent à la recherche d'autres veines. Car c'est de cette façon que l'extraction fonctionne: un géologue inspecte les veines après chaque quart de travail et décide dans quelle direction le mineur forera, ou bien s'il doit s'arrêter là.

Tout est minutieusement calculé, de la prospection initiale, qui permettra de savoir si oui ou non le gisement est rentable, jusqu'au creusement du puits vertical d'où partiront les multiples galeries; un véritable labyrinthe qui a vu passer des milliers de mineurs depuis l'ouverture de la mine Lamarque en 1935. L'année même où Val-d'Or naissait.Un bouteur jaune à l'œuvre

On a tendance à penser que les mines sont de véritables abattoirs de main-d'oeuvre. Pourtant, il n'y a eu que vingt-six morts durant les cinquante années d'exploitation de la mine. N'empêche, la mine a fermé ses portes quand les métallurgistes ont voulu se syndiquer... Les textes de Richard Desjardins nous hantent toujours quand on marche dans ces couloirs obscurs.«Y'ont d'mandé des ventilateurs à cause du gaz dans le smelter: On veut d'l'eau chaude, on veut aussi un peu d'soleil avant la nuit. R'montez la cage avant cinq heures.» Cette réalité ne semble plus exister de nos jours. Les règles de sécurité se sont extrêmement améliorées et les mineurs peuvent même gagner entre 50 000 et 120 000 dollars par année. «Les mineurs sont beaucoup moins mineurs qu'avant, explique Philippe, notre autre guide, ce sont plus des opérateurs de machinerie lourde.» À la Cité de l'Or, les concepteurs ont rassemblé la vieille et la nouvelle génération d'équipement mécanique, et l'on peut aisément constater le saut technologique effectué depuis un demi-siècle.

Cette réalité ne semble plus exister de nos jours. Les règles de sécurité se sont extrêmement améliorées et les mineurs peuvent même gagner entre 50 000 et 120 000 dollars par année. «Les mineurs sont beaucoup moins mineurs qu'avant, explique Philippe, notre autre guide, ce sont plus des opérateurs de machinerie lourde.» À la Cité de l'Or, les concepteurs ont rassemblé la vieille et la nouvelle génération d'équipement mécanique, et l'on peut aisément constater le saut technologique effectué depuis un demi-siècle.Un mineur passe une main sur la paroi rocheuse.

La vie sous terre, c'est quelque chose.. Que l'on casse du roc ou que l'on conduise des camions, il n'y a pas de lumière du jour qui vous caresse. Les mineurs venaient casser la croûte le plus rapidement possible dans un local exigu¸ et sans charme, pour pouvoir retourner travailler leur veine et toucher des primes plus élevées. Et à la sortie, on les fouillait pour être bien certain qu'ils n'avaient dissimulé aucune pépite. Pourtant les pépites sont quasi inexistantes à Lamarque. Il faut même soixante-treize wagons de minerai pour former une seule brique d'or!! Malgré cela, le gisement était considéré comme rentable et les investissements furent remboursés en trois ans... La visite du laboratoire est des plus fascinantes. On nous présente toutes les étapes du raffinement final du minerai, y compris celles de cuisson (dont certaines à plus de 1000 degrés Celcius) qui permettent de séparer les composantes géologiques ou d'augmenter la concentration aurifère dans le mélange.

Après quelques heures sous terre, on commence à comprendre un peu ce que ça peut être que de passer des années dans de telles conditions. Encore un nouvel univers sur la même planète. Tous ces destins humains qui se jouent dans des décors différents, ça donne de quoi réfléchir.