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La mycologie

Logo Aventures ExpéditionsLors de nos expéditions, nous avons eu l'occasion de faire l'heureuse rencontre de Marc Tremblay, un mycologue amateur. Promeneur solitaire, méditatif, il parcourt les forêts de La Tuque à la recherche de champignons. Calme, songeur, silencieux, Marc Tremblay, qui a la bouille, avec sa longue barbe et son physique imposant, d'un bûcheron poète, nous a guidés sur des sentiers pour nous faire découvrir ces merveilles de la nature que nous avons l'habitude d'ignorer quand nous pratiquons de la randonnée pédestre.

Gêné, visiblement mal à l'aise par la présence de la caméra, du photographe, et du reporter qui lui pose tant de questions, Marc Tremblay se réfugie rapidement auprès de ses champignons qu'il connaît si bien. On ne sait pas trop comment, mais Marc voit des champignons là où nous ne voyons que des branchages. L'oeil aguerri, vif, Marc Tremblay se laisse guider par l'habitude et par l'instinct.

 

Photo d'un cueilleur de champignons à la barbe grisonnante

«Le champignon, c'est un monde qui nous fait ralentir le pas», dit Marc Tremblay. L'équipe de tournage, qui a pris l'habitude de réaliser les reportages à un rythme effarant, se voit soudainement plongée dans un mouvement lent; en quelque sorte, la recherche des champignons nous donne l'impression d'entrer en communion avec le rythme de la nature, avec le temps de la forêt: pas de vélos de montagne, de motos, d'escalade, juste une marche dans la forêt, à la manière de nos ancêtres pour qui elle était une source de nourriture, pour qui la forêt était une question de survie, un mode de vie. Le cueilleur de champignons s'alimente non seulement de ce qu'il cueille, mais aussi de l'esprit de la forêt.

«Les Québécois, nous n'avons pas l'habitude des champignons, explique Marc Tremblay. Pourtant, tout randonneur ou campeur devrait s'y intéresser. Il y en a partout!»

Marc Tremblay, natif de Baie-Saint-Paul, dans Charlevoix, réside depuis onze ans dans la région de La Tuque. Mais c'est en France qu'il a commencé à être initié à la mycologie. Marc Tremblay a habité une dizaine d'années en Avignon, dans le centre de l'Hexagone. «Au Québec, la majorité des gens qui s'intéressent aux champignons sont étrangers, dit-il. Cela s'explique peut-être par le fait que les autochtones n'avaient pas non plus cette connaissance des champignons, à moins qu'ils aient décidé de ne pas nous transmettre ce savoir.»

Chapeau d'un champignon couleur café en forêtCaché sous les branches, c'est un univers presque merveilleux, un peu mythique, qui se dévoile à nous. Les chanterelles, le tricholome équestre, qui abonde à l'automne, la russule, le pied-de-monton, des noms de champignons comestibles qui nous mettent l'eau à la bouche rien qu'à les entendre prononcés par notre guide.

«La plupart des champignons sont comestibles, mais ne sont pas bons au goût, nous explique-t-il. Ils sont amers et poivrés. Par contre, il y en a plusieurs qui sont très bons et très faciles à trouver, comme les cèpes. Il y a quinze ou vingt sortes de cèpes, et elles sont toutes comestibles. En ce qui concerne le goût, avec le temps et l'expérience, on développe nos papilles gustatives pour apprécier les saveurs et les arômes des différents champignons».

Marc Tremblay estime qu'il est important de se munir d'un bon livre sur le sujet, et de l'emporter avec soi dans la forêt, pour savoir quels champignons sont comestibles, lesquels peuvent être dangereux, etc. Il nous conseille d'ailleurs le livre qu'il emporte toujours avec lui, Les Champignons du Québec et de l'Est du Canada, écrit par Denis Lebrun et publié chez Nuit Blanche éditeur.

Main d'une femme en train d'esquisser un dessinMême s'il y en a partout, Marc Tremblay estime qu'il faut savoir comment couper le champignon pour qu'il puisse se reproduire. Pour cela, il ne faut surtout pas l'arracher à la terre, sinon on le privera de ses racines. Il faut plutôt se prémunir d'un canif et couper délicatement le champignon à sa base.

Les champignons, on peut aussi en faire des &brkbar;uvres d'art! Ainsi, Marc Tremblay cueille les champignons de souche (ces gros champignons que l'on trouve un peu partout sur les souches des arbres) non pas pour les manger, mais plutôt pour y faire des dessins. Une fois cueillis, vous pouvez prendre une petite branche et l'utiliser pour graver un dessin sur le champignon; lorsqu'il séchera, le dessin restera empreint pour toujours.

Nous reprenons notre randonnée, le regard accroché au sol et, peu à peu, commençons à trouver des champignons, à apprendre à les observer. Marc Tremblay nous dit alors, comme dernier truc pour pouvoir les trouver: «Vous savez, les champignons sont comme nous autres, ils aiment les sentiers et les espaces libres.»