Close

Train

Train
 

Obtenez des rabais spéciaux pour votre séjour à l'hôtel

Hôtels
Propulsé par Expedia.ca

Visa Débit maintenant acceptée chez VIA

Intermodal - AMT

La chasse à l'arc

Logo Aventures Expéditions

Dans cette chasse gardée masculine qu'est la chasse, les femmes ne sont pas spécialement légion. Lise Lamarre, elle, fait fi de ce quasi-monopole masculin dans les forêts québécoises. Non contente de déjà se démarquer par son activité préférée, elle utilise non pas la carabine mais... l'arc.

Ce sont des archers américains venus séjourner à la pourvoirie Windigo qui ont piqué la curiosité de Lise, sympathique cordon-bleu des lieux. Depuis, pas une saison ne s'écoule sans qu'elle se fasse la main, après avoir ajouté une telle corde à son arc. «J'aime ça avant tout pour le défi que ça représente. L'animal a beaucoup plus de chances de s'en sortir, et c'est plus difficile qu'à la carabine. Il faut aussi que tu sois plus proche de la bête, ce qui augmente les risques qu'elle t'aperçoive, même si tu fais de lents mouvements», explique notre Diane chasseresse québécoise.

En général, Lise se place à une vingtaine de mètres de sa cible, même s'il s'en trouve, parmi les 75 000 archers québécois, pour tirer à trente mètres. «Plus t'es loin, plus tu risques de blesser l'animal. La grosseur du gibier n'a d'ailleurs pas d'importance: tout dépend de la façon dont tu te sers de ton arc. Ours, chevreuil, orignal, perdrix ou lièvre, rien n'est à l'épreuve des flèches. Si tu vises dans le coffre, y a de bonnes chances que la flèche passe de bord en bord. Et là, la bête ne tiendra pas le coup...»

Femme vêtue d'une chemise de camouflageDe toute la faune qui peuple les bois haut-mauriciens, c'est le chevreuil que Lise préfère traquer: «À ce jour, j'en ai sept à mon actif, plus un ours. L'ours, c'est différent: il sort, tu ne l'entends pas; c'est comme un fantôme. Mais c'est beaucoup plus "patof" qu'un chevreuil, qui est pour sa part plus agile, plus nerveux, bien plus rusé et encore plus aux aguets.»

Si une balle file à 3 000 pieds à la seconde, une flèche vole dix fois moins vite. N'empêche que celles de Lise n'ont rien à voir avec des flèches de louveteaux: minces, effilées, elles sont pourvues de pointes de métal à quatre angles, affûtées comme des rasoirs. «Avec ça, tu peux abattre ce que tu veux. Mais pour la perdrix, de simples flèches de pratique à tête ronde suffisent», précise Lise.

Personne en tenue de camouflage tenant des flèches Pour chasser à l'arc comme il se doit, il faut être capable de demeurer tranquille, sans bouger, des heures et des heures durant. Gare aux crampes! Comme plusieurs adeptes du genre, Lise grimpe aux arbres pour jouir de toute la latitude que procure l'altitude.

- Pardon? Vous grimpez aux arbres?
- Oui, mais ça ne cause pas de problèmes, j'ai mon «tree stand»...

Le «tree stand» rappelle un peu l'équipement des monteurs de lignes. Installé à un arbre de taille moyenne, il est formé d'un cadre métallique qui permet de glisser le corps le long du tronc, jusqu'à la hauteur voulue. Grâce au poids du chasseur et au principe du levier, le «tree stand» tient tout seul à l'arbre, à plusieurs mètres du sol. Fixé aux pieds du chasseur par des sangles, il comprend même une petite chaise pliante intégrée, histoire de prendre ses aises... Il ne reste plus qu'à redoubler de patience.

Très populaire chez les archers, le «tree stand» est léger à transporter; il se porte même sur le dos avec des bretelles, lors des déplacements d'arbre en arbre. Bien juché de la sorte au-dessus des sentiers fréquentés par le gibier, l'archer ne risque pas de voir sa flèche déviée par une branche, tandis que son champ de vision demeure largement dégagé.

Une chasseuse en veste de camouflage apprête son arc.Pour peaufiner son style et son adresse, Lise s'est construit un promontoire formé d'une plate-forme en hauteur clouée à quatre arbres limitrophes, histoire de recréer la situation qui prévaut du haut des arbres. La voir pratiquer ne manque pas de donner un peu froid dans le dos: muni de poulies, l'arc de Lise se tend aisément et apparaît comme une arme redoutable. Malheur aux pauvres proies!

Grâce à un déclencheur à poignée qui s'agrippe à la corde, la tension du câble se trouve facilitée. Sur simple pression du doigt, le câble se relâche et la flèche fend l'air en trombe. En visant bien, le coup sera fatal. «Quand l'animal entend la flèche arriver, il est déjà trop tard. Ça va plus vite qu'un opérateur de Bell qui veut débrancher quelqu'un qui n'a pas payé son compte!» conclut Lise.