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Départ d'Odanak

Logo Aventures ExpéditionsNotre première expédition, qui aura duré une dizaine de jours, et durant laquelle nous avons filmé les premiers reportages des Expéditions VIA Aventures, est sur le point de se terminer. Assise dans les salons d'Odanak, l'équipe de tournage s'efforce de respirer un peu, de soulager ses muscles endoloris, de prendre le temps d'observer les reflets sur les eaux du lac. Un tour de canot paisible, pour se laisser glisser calmement sans but précis, en réussissant à savourer l'instant, les pieds pendants au bout du quai, avant de repartir pour Montréal, où commenceront le montage des vidéos, la sélection des photos, l'écriture des chroniques et la création de ce site Web. Il nous reste pas mal de travail à accomplir lors de notre retour en ville: Yanick Rose devra choisir parmi une vingtaine d'heures de vidéo, Denis Bouchard devra sélectionner les meilleures parmi plus d'un millier de photographies, et je devrai démêler mes notes manuscrites à bord d'un canot ou d'un hydravion.Locomotive jaune d'un train VIA

Demain, le train va passer par La Tuque et nous allons quitter les forêts, les lacs, les grands espaces et l'air pur pour nous réapproprier le bitume, la Main, le béton et les néons. Mais Yanick n'est pas encore arrivé à Montréal: «Il faut trouver le moyen de prendre une dernière "shot" du train avant de repartir», dit-il à Benoît Laporte, de VIA, et à Rollande Savoie, responsable de la MRC du Haut-Saint-Maurice. «Est-ce qu'il y a un endroit où l'on peut prendre le train passant à plein régime?»

Rollande et Benoît s'observent mutuellement, entre scepticisme et enthousiasme. «Bon, il y a un endroit, le long de la voie ferrée, d'où l'on peut voir le train arriver de loin et passer droit devant nous, dit Rollande, qui connaît la région comme le fond de sa poche. Mais une fois le train passé, il va falloir remonter dans la voiture et foncer droit vers la gare pour le rattraper avant qu'il ne quitte pour Montréal!»

«Excellent, s'exclame Yanick. On va l'avoir. O.K.?»Train de VIA dans un tournant parmi les arbres

Le lendemain, jour du départ, voilà que Yanick se prépare toujours pour l'aventure. On nous laisse à la gare, et Yanick et Rollande repartent à toute vitesse pour s'arrêter deux kilomètres plus loin. Sur place, Yanick monte sur le toit de la fourgonnette, installe sa caméra, juste à temps avant que le train ne passe en trombe devant lui. Yanick plonge dans la fourgonnette et Rollande appuie sur l'accélérateur. Les voilà partis en chasse! À la gare, nous voyons bien le train arriver, mais aucun signe de vie de Rollande ou de Yanick. On commence à douter. «Ils vont manquer le train...», s'inquiète Benoît.

Puis, alors que tous les bagages sont placés à bord du train, un nuage de poussière s'élève au loin: c'est la fourgonnette! Comme quoi cette expédition se sera terminée comme elle avait commencé! Yanick en retard? Non, jamais, «après tout, un réalisateur sait maîtriser l'art du montage!», déclarions-nous dans la deuxième chronique des Expéditions VIA Aventures.Lac placide vu d'un train

À bord du train du retour, Yanick continue de filmer des paysages par la fenêtre, et nous commençons déjà à rêver aux prochaines expéditions, qui vont de nouveau nous mener vers le Haut-Saint-Maurice, le Saguenay, la Gaspésie et l'Abitibi. Il nous reste encore plus d'une trentaine de reportages multimédias à réaliser, et des milliers de kilomètres à franchir dans les mois qui viennent. Je ne ferai pas toujours partie de l'équipe, des collègues prendront ma place, mais je ne pourrai m'empêcher de faire avec eux ces voyages, même si ce n'est qu'en pensée. Il y a dix jours, on se demandait bien ce qui nous attendait. Nous avons d'abord découvert l'univers des trains, de leurs mécanos, les visages marqués par les milliers de kilomètres qu'ils ont vus défiler tout au long de leur vie par les petites fenêtres de la cabine de pilotage; nous avons rencontré les passagers de ces trains des bois, des personnages habitant des lieux reculés aussi bien que des jeunes de la ville qui, canot en main, descendent du train avant de se lancer dans de tumultueux rapides le long de la voie ferrée; surtout, nous avons goûté à l'ivresse des fourgons à bagages dans lesquels nous nous étions faufilés pour filmer, sortant la pointe du museau par les grandes portes ouvertes alors que le train franchissait des ponts surplombant des rivières. Bien sûr, les responsables de VIA Rail se sont montrés généreux à notre endroit, arrêtant le train ici et là pour que nous puissions effectuer notre travail et saisir les images spectaculaires de nos périples.

Et, une fois arrivés dans la région du Haut-Saint-Maurice, nous avons découvert un coin de pays comme nul autre. Entre rivières, lacs et vallons, il y a des moments où nous avons eu la certitude que s'il y a un paradis sur terre, il se trouve certainement pas très loin d'ici...