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Commentaires et analyse de la direction

Le présent document est un examen de l’exploitation, du rendement et de la situation financière de VIA Rail Canada pour le trimestre et le cumul annuel au 30 juin 2011, comparativement au trimestre et au cumul annuel au 30 juin 2010. Il doit être lu parallèlement aux états financiers non vérifiés et aux notes afférentes.

Les états financiers sont établis conformément aux Normes internationales d’information financière (NIIF). Les chiffres de 2010 ont été ajustés et convertis conformément aux Normes internationales d’information financière (NIIF), étant donné que le rapport annuel de 2010 contenait des états financiers établis en vertu des principes comptables généralement reconnus (PCGR) du Canada.

Points saillants liés aux finances

Points saillants liés aux finances

Après six mois écoulés de l’exercice 2011, les produits ont augmenté de 5,4 % par rapport à l’année dernière; les voyageurs-milles ont enregistré une croissance de 1,3 %, conjuguée à une hausse des tarifs réalisée à l’aide du programme de gestion des recettes de la Société, notamment dans le corridor Québec - Windsor et sur les liaisons long parcours de l’Ouest.

Les charges d’exploitation ont augmenté de 1,7 million de dollars, dont la seule cause est la hausse des contributions aux régimes de retraites (soit 9,7 millions de dollars), alors que les autres charges ont diminué de 8 millions de dollars.

Il en ressort que, avant le financement du gouvernement du Canada et les impôts sur les bénéfices, VIA a réduit son déficit d’exploitation de 5 millions de dollars (soit 3,2 %).

Faits saillants du trimestre

Comparativement au trimestre terminé le 30 juin 2010 :

  • Les produits ont progressé de 4,1 % et totalisent 69,1 millions de dollars pour le trimestre;
  • Les charges d’exploitation ont augmenté de 0,7 % et se chiffrent à 141,0 millions de dollars pour le trimestre;
  • Le financement par le gouvernement du Canada a diminué de 5,4 % et s’élève à 75,7 millions de dollars pour le trimestre;
  • Le bénéfice net se chiffre à 17,3 millions de dollars pour le trimestre, comparativement aux 17,9 millions de dollars réalisés pendant le même trimestre en 2010.

Faits saillants des six mois terminés le 30 juin 2011

Comparativement au semestre terminé le 30 juin 2010 :

  • Les produits ont progressé de 5,4 % et totalisent 130,8 millions de dollars pour la période;
  • Les charges d’exploitation ont augmenté de 0,6 % et se chiffrent à 283,7 millions de dollars pour la période;
  • Le financement par le gouvernement du Canada a augmenté de 1,0 % et s’élève à 137,4 millions de dollars pour la période;
  • Le bénéfice net se chiffre à 9,2 millions de dollars pour le semestre, comparativement au 0,7 million de dollars réalisé pendant le même semestre en 2010.

Faits saillants des résultats d’exploitation

a) Produits voyageurs

Faits saillants des résultats d’exploitation 1

Faits saillants des résultats d’exploitation 2

Les produits voyageurs ont augmenté de 3,2 % et totalisent 64,5 millions de dollars pour le trimestre. Les résultats cumulatifs ont progressé de 4,7 % et se chiffrent à 121,6 millions de dollars. La performance du trimestre s’explique par l’augmentation des rendements (produits par voyageur-mille), en partie contrebalancés par une diminution de l’achalandage.

Le nouveau service Montréal – Ottawa – Toronto (M-O-T) a été lancé en avril 2011 afin d’augmenter la fréquence des trains entre Montréal et Toronto (via Ottawa), en attendant la fin d’importants travaux d’infrastructure en 2012 et l’ajout de trains supplémentaires à la liaison entre Toronto et Ottawa.

Pour ce qui est des résultats cumulatifs, l’augmentation vient des rendements plus élevés et d’un achalandage stable par rapport à l’année dernière. Les voyageurs-milles ont enregistré une augmentation qui reflète le fait que les voyageurs effectuent des voyages dont la durée des trajets moyenne est plus longue.

Pour le trimestre :

  • Les produits du Corridor-Est dépassent de 3,9 % ceux de l’année dernière, essentiellement en raison des rendements plus élevés (3,2 % par rapport à l’année dernière). Les voyageurs-milles ont enregistré une légère progression (+0,5 %).
  • Les produits du Sud ouest de l’Ontario (SOO) ont augmenté de 6,0 %, en raison de rendements plus élevés (+6 %). Le nombre de voyageurs est stable, mais les voyageurs-milles ont diminué de 1,0 %, ce qui reflète des durées de trajets plus courtes.
  • Les produits des liaisons de l’Est sont restés inchangés par rapport à l’année dernière, l’achalandage a diminué (en enregistrant une baisse de 6,0 % pour les voyageurs-milles), mais les rendements ont augmenté.
  • Les produits du Canadien ont augmenté de 4,5 %, par rapport à l’année précédente. La performance résulte des rendements plus élevés (+6,3 %). L’achalandage a aussi augmenté, mais les voyageurs ont parcouru des distances plus courtes, comme le reflètent les voyageurs-milles qui ont diminué de 1,6 % comparativement au même trimestre l’année dernière.
  • Les liaisons essentielles ont généré des produits moins élevés, ce qui est directement attribuable à l’interruption du service entre Victoria et Courtenay depuis avril 2011 (service de bus offert jusqu’à la fin de juin 2011).

Pour le semestre :

  • Les produits du Corridor-Est ont progressé de 4,8 %, surtout en raison des rendements plus élevés (+2,7 %).
  • L’achalandage est similaire à celui de l’année dernière, mais les voyageurs-milles ont augmenté (+2,0 %), ce qui reflète la croissance des marchés de bout en bout.
  • Les produits du SOO ont augmenté de 6,7 %, aussi en raison des rendements plus élevés (+4.9 %) et d’un plus grand nombre de voyageurs.
  • Les produits générés par les longs parcours de l’Est ont augmenté de 1,9 %, en raison des rendements plus élevés (+5,7 %), contrebalancés en partie par le recul de l’achalandage qui se reflète par une baisse de 3,0 % des voyageurs-milles par rapport à l’année dernière.
  • Les produits du Canadien dépassent de 6,3 % ceux de l’année dernière, en raison des rendements (+3,9 %) combinés à l’achalandage.
  • Les liaisons essentielles ont généré des produits moins élevés, comme conséquence directe de l’interruption du service entre Victoria et Courtenay depuis avril 2011 (un service de bus est offert jusqu’à la fin de juin 2011

b) Charges d’exploitation

Charges d’exploitation

Pour le trimestre :

  • Les charges d’exploitation avant les contributions au régime de retraite, l’amortissement du financement en capital reporté et les charges d’impôt sur les bénéfices ont diminué de 1,5 million de dollars et se chiffrent à 131,3 millions de dollars pour le trimestre, essentiellement en raison de la baisse des coûts de rémunération et avantages sociaux, des profits réalisés avec les instruments financiers dérivés, ainsi que de la diminution d’autres charges d’exploitation, notamment les prestations futures des employés et les coûts du matériel de maintenance. Ces réductions ont été contrebalancées en partie par l’augmentation des coûts d’exploitation des trains et des dépenses en carburant, ainsi que par une perte non réalisée sur les instruments financiers dérivés.
  • Le prix du carburant a augmenté par rapport à l’année dernière, mais cette augmentation a été compensée par les profits réalisés avec les instruments financiers dérivés achetés conformément à la politique de couverture de la Société. La Société a réalisé des profits de 1,6 million de dollars pour le trimestre, comparativement à une perte de 1,7 million de dollars pour la même période, l’année dernière.
  • La Société a généré un crédit de 3,8 millions de dollars en impôts sur le revenu, par rapport à des charges de 0,1 million de dollars pour le deuxième trimestre de 2010. Le crédit résulte d’un remboursement d’impôt reçu pour des impôts relatifs aux années précédentes.

Pour le semestre :

  • Les charges d’exploitation avant les contributions au régime de retraite, l’amortissement du financement en capital reporté et les charges d’impôt sur les bénéfices ont diminué de 8,0 millions de dollars et se chiffrent à 262,0 millions de dollars. Cette diminution est principalement causée par les réductions des coûts de rémunération et avantages sociaux, des frais de matériel de maintenance, en plus des profits réalisés avec les instruments financiers dérivés. Ils sont en partie compensés par une augmentation de l’exploitation ferroviaire et des dépenses en carburant.
  • Le prix du carburant a augmenté par rapport à l’année dernière, mais cette augmentation a été compensée par les profits réalisés avec les instruments financiers dérivés achetés conformément à la politique de couverture de la Société. Des gains de 2,8 millions de dollars ont été réalisés au cours du semestre, comparativement à une perte de 3,5 millions de dollars à la même période, l’année dernière.
  • La Société a généré un crédit de 3,7 millions de dollars en impôts sur le revenu, par rapport à une charge de 0,2 million de dollars pour le deuxième trimestre de 2010. Le crédit résulte essentiellement d’un remboursement d’impôt reçu pour des impôts relatifs aux années précédentes.

Investissements en immobilisations

Les immobilisations corporelles (hors amortissements cumulés) se chiffrent à 1 051,5 millions de dollars, ce qui représente une augmentation de 86,2 millions de dollars par rapport au solde du 31 décembre 2010. Les investissements en immobilisations ont totalisé 54,5 millions de dollars pour le trimestre et 110,3 millions de dollars pour le semestre.

  • Des investissements qui s’élèvent à 33,0 millions de dollars ont été effectués dans d’importants projets d’infrastructure, surtout dans la subdivision Kingston du CN entre Toronto et Brockville. Sur une base de cumul annuel, les investissements totalisent 59,5 millions de dollars. Des travaux sont en cours pour l’ajout d’une troisième voie entre Toronto et Brockville afin de réduire la congestion.
  • Un total de 15,3 millions de dollars a été investi dans d’importants projets de matériel roulant, notamment 4,7 millions de dollars dans le projet de remise à neuf du parc de voitures LRC et 6,6 millions de dollars dans le projet de remise à neuf du parc de locomotives F-40. Après six mois écoulés de cet exercice, un montant total de 37,3 millions de dollars a été investi dans les projets majeurs de matériel roulant.
  • Des investissements se chiffrant à 3,3 millions de dollars ont été effectués dans des projets de technologie de l’information au cours du trimestre, ce qui ramène le cumul des investissements pour le semestre à 6,0 millions de dollars.

Flux de trésorerie et situation financière

Pour le trimestre :
Le solde d’encaisse a progressé de 0,8 millions de dollars au cours du deuxième trimestre de 2011, comparativement à une hausse de 20,5 millions de dollars pour la période correspondante en 2010, dû principalement à des investissements dans les projets en immobilisations corporelles.

Pour le semestre :
Le solde d’encaisse a diminué de 59,2 millions de dollars au cours du premier semestre de 2011, comparativement à une hausse de 18,4 millions de dollars pour la même période l’année dernière et résulte principalement d’une diminution de 51 millions de dollars du financement différé du gouvernement, ainsi que dans les investissements en immobilisations corporelles pour un montant de 29 millions de dollars.

Le recul qu’a enregistré la position de trésorerie depuis le 31 décembre 2010 a été engendré par les investissements effectués dans les immobilisations corporelles (137,0 millions de dollars) et les flux de trésorerie utilisés pour les activités d’exploitation (48,7 millions de dollars), en partie contrebalancés par le financement reçu. La Société a reçu 110,3 millions de dollars de financement d’immobilisations du gouvernement du Canada au cours du semestre.

Analyse des risques

a) Financement d’exploitation
VIA est toujours confrontée à des problèmes de financement d’exploitation. La Société cherche à créer et à mettre en oeuvre une série d’initiatives visant à amoindrir son déficit, notamment en réduisant les coûts et en augmentant les produits. En outre, VIA continue à travailler avec Transports Canada afin de résoudre le problème lié au déficit d’exploitation et d’élaborer des solutions de financement durables.

b) Financement d’immobilisations
VIA va devoir continuer d’investir dans le matériel roulant, les gares, les systèmes d’entretien, les installations et les technologies de l’information après 2011, quand l’actuel programme d’investissement sera terminé. La Société collabore avec Transports Canada pour répondre aux besoins courants de financement d’immobilisations et s’assurer que VIA dispose du financement d’immobilisations nécessaire pour exécuter son mandat.

c) Incidents à des passages à niveau
Les trains de VIA empruntent des passages à niveau protégés et non protégés que peuvent traverser des véhicules, et où des incidents/accidents peuvent survenir. Le personnel cadre de VIA a élaboré un programme de protection/de clôtures et de fermeture des passages à niveau. Il travaille par ailleurs activement avec les collectivités et les propriétaires de terrains qui comportent des passages à niveau. Ce programme se donne pour objectif de fermer les passages à niveau, là où cela est possible, et de renforcer la sensibilisation du public aux dangers potentiels qu’ils représentent.

d) Régimes de retraite
La responsabilité liée aux régimes de retraite constitue toujours un risque important pour la Société, en raison de la taille des régimes (1,6 milliard de dollars). Les rendements négatifs des placements et les fluctuations des taux d’intérêt peuvent avoir une incidence importante sur l’état du financement des régimes, et amplifier directement la volatilité des besoins en financement annuels. Au cours des dernières années, la Société a pris des mesures afin d’atténuer ces risques, comme la correction de certaines pratiques de gestion et la réduction importante des dépenses de gestion des régimes de retraite. La Société continue de chercher des moyens de réduire encore davantage cet important risque.

e) Départ en retraite des mécaniciens de locomotive
VIA dépend de l’ensemble des compétences spécialisées des mécaniciens qui conduisent ses locomotives. Plus de la moitié des mécaniciens de locomotive de VIA pourraient prendre leur retraite d’ici la fin de l’année 2015. D’ailleurs, si VIA devait être confrontée à un roulement important de son groupe de mécaniciens de locomotive, cela nuirait sérieusement à ses activités. La Société a donc lancé, en décembre 2010, un programme pour former de nouveaux mécaniciens de locomotive, dont la première promotion devrait obtenir son diplôme en 2012. Deux autres promotions devraient commencer leur formation en 2012. Elles devraient obtenir leur diplôme en 2012 et en 2013.

f) Produits voyageurs
Après une sérieuse récession des marchés des voyages en 2008, la croissance de l’achalandage et des produits a enregistré un ralentissement par rapport aux années précédentes. VIA continue à mettre en oeuvre des initiatives visant à atténuer l’incidence du ralentissement de la croissance sur les produits voyageurs. Ces initiatives comprennent l’optimisation des liaisons entre Montréal, Ottawa et Toronto, et l’apport de produits additionnels provenant de projets immobiliers et d’améliorations aux technologies de l’information qui appuient les initiatives de gestion de la capacité.

g) Fluctuations des coûts du carburant
Le carburant représente des frais importants dans l’exploitation du rail voyageurs, et ces coûts pourraient varier considérablement par rapport aux estimations de VIA en raison de l’incertitude et de la volatilité du prix du carburant. La stratégie de couverture éprouvée de VIA ajoute de la certitude au coût futur du carburant et peut retarder l’impact des fluctuations de prix du carburant. Compte tenu du fait que les contrats utilisés pour couvrir le prix du carburant sont exprimés en dollars américains, VIA se protège également contre les risques liés aux devises étrangères.

h) Projets d’investissements en immobilisations
Des retards importants dans les projets d’infrastructure ou de matériel roulant ou encore une augmentation des coûts des projets pourraient avoir un effet négatif sur le rendement financier de VIA. Les gestionnaires de VIA surveillent de près l’évolution de tous les projets afin d’atténuer ce risque et corrigent au besoin les calendriers de production afin de maintenir les projets sur la bonne voie. Par ailleurs, le comité directeur des immobilisations de VIA se réunit régulièrement pour discuter de l’état de tous les projets d’investissements en immobilisations.

i) Le report du financement d’immobilisations
En 2007, le Conseil du Trésor a approuvé un Programme d’investissements en immobilisations d’un montant de 516 millions de dollars, qui a été ultérieurement reporté aux exercices financiers 2007-2013 du gouvernement. Si l’exécution des projets d’infrastructure ou de matériel roulant devait accuser d’importants retards et si la date de réalisation se trouvait au-delà de 2013, le financement en immobilisations affecté à ces projets devrait être reporté. Dans le passé, les reports de fonds qui étaient justifiés ont été approuvés. Par ailleurs, le comité directeur des immobilisations de VIA se réunit régulièrement pour discuter de l’état de tous les projets d’investissement en immobilisations.

Aperçu

Le Plan d’entreprise de VIA mentionne que la Société est confiante qu’elle parviendra à augmenter ses produits et sa productivité en 2011. Les résultats du deuxième trimestre indiquent que la Société est en bonne voie pour atteindre ces objectifs, tout en montrant une reprise de la croissance de l’achalandage.

VIA réaffirme son engagement à l’égard des objectifs énoncés dans son Plan d’entreprise de 2011. Les stratégies de marketing continueront à avoir comme principal objectif de maintenir les améliorations réalisées cette année en matière d’achalandage, et d’en tirer profit.

Les initiatives de gestion Lean, en plus d’un accent plus important mis sur la productivité à l’échelle de la Société, permettront de garantir l’amélioration continue de l’efficacité.

Étant donné que les projets d’investissements en immobilisations seront achevés dans les mois à venir et en 2012, VIA veillera à ce que le rail voyageurs offre une valeur accrue à un plus grand nombre de voyageurs canadiens, tout en maîtrisant de manière rigoureuse ses charges d’exploitation.